Ce sité a été créé en vue de faire une simulation du Conseil de l'Union Européenne pour le cours de politiques publiques internationales du semestre 4 de la licence "Science politique - Droit" de l'université Jean Moulin Lyon 3.
El Pais
Les agences de notation dénotées
« Si on regarde comment s’est déroulée la crise du crédit immobilier, on a souvent constaté que ce qui était très bien noté se révélait être beaucoup plus instable ». C’est par ces mots que l’Espagne et l’Irlande reprennent les paroles d’Angela Merkel, pour contester le fonctionnement des agences de notation, et dénoncer leur rôle actif dans la crise financière affectant aujourd’hui l’Europe.
Ainsi, l’Espagne et l’Irlande dressent la liste des difficultés posées par les agences de notation. Est soulevé, entre autres, le trop-plein d’indépendance de ces agences, qui s’adonnent à l’attribution de notes en fonction de critères parfois faux ou artificiels. Ce laxisme dans le choix des critères de notation s’avère d’autant plus grave que les notes sont consultées et conditionnent le choix de millions d’investisseurs chaque jour. Si les agences de notation ont longtemps été critiquées, l’Espagne et l’Irlande en font un des principaux responsables de la crise financière, en rappelant le rôle actif de ces agences, lors de la crise des subprimes. En effet, les agences de notation, n’ont pas pu, rappelons-le, anticiper le risque des nouveaux crédits immobiliers créés aux Etats-Unis. Cette absence d’anticipation a donc encouragé l’investissement, et conduit de nombreux investisseurs à prendre un risque, qui aurait pu être évité.
La gestion des agences de notation coïnciderait alors avec une réelle maitrise de la crise financière. Les deux pays initiateurs proposent d’imposer des critères précis aux agences de notation afin que celles-ci puissent fixer une note juste et significative. Ces critères porteraient sur trois points principaux : les Etats, les entreprises et les opérations financières. Nous pouvons d’ores et déjà nous demander comment des Etats européens pourraient imposer une organisation à des agences de notation, situées, pour les plus populaires, aux Etats-Unis. Etablir un lien avec le gouvernement Etats-uniens semble, en effet, indispensable pour mener à bien ce projet ambitieux, mais prometteur.
D’autre part, l’Espagne et l’Irlande font preuve d’un réel génie en proposant la création d’une agence de notation européenne, soumise à des règles de fonctionnement, et à des critères de notations spéciales, afin de faire face aux trois géantes américaines. La seule crainte qu’on puisse avoir, est l’influence que pourrait exercer le représentant de tel ou tel Etat sur cette agence publique européenne. En dehors de cette crainte, il semble nécessaire, voire indispensable de pouvoir faire face au monopole du « Big Three », clairement expliqué par les deux pays initiateurs. En effet, les trois agences de notation américaines ayant acquis aujourd’hui la confiance de nombreux investisseurs ne sont pas sans faille, et nous ont dévoilé leurs faiblesses lors de la crise financière dès 2008. Une meilleure prise en considération des critères permettant de déterminer réellement l’existence d’un risque financier ou non doit être réalisée. Le Conseil de l’Union Européenne aura-t-il la force d’âme nécessaire pour faire face aux agences de notation et stopper leur prise de pouvoir sur le marché financier?
Mathilde Gallon