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Ce sité a été créé en vue de faire une simulation du Conseil de l'Union Européenne pour le cours de politiques publiques internationales du semestre 4 de la licence "Science politique - Droit" de l'université Jean Moulin Lyon 3.

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Interview Irlande

El Pais


Suite aux débats concernant vos propositions de résolutions, la création d’une agence de notation européenne a été votée, ainsi que la fixation de critères pour les agences de notation, globalement êtes-vous satisfait de cette décision?

 

Irlande 

: Nous nous félicitons en effet de l’adoption de ces résolutions et saluons la clairvoyance des Etats, qui, conscients du risque que représentent des agences de notation hors contrôle, se sont donnés véritablement les moyens d’assurer la stabilité du système international. Désormais, les agences de notations exerçant des activités dans l’UE seront contraintes de respecter des critères précis dans l’émission de leur note ; qualité et objectivité de la notation sont donc garanties ! De plus, est créée une agence de notation européenne ; le monopole des « Big Three » est ainsi définitivement abolit ! Cette résolution, associant une nouvelle méthode à une nouvelle structure, contribue donc à rénover un système international auparavant gangréné.

 

On vous a beaucoup interrogé sur la légitimité d’une agence de notation européenne, notant, entre autres des Etats européens. Quel dispositif envisagé aujourd’hui pour éviter toute influence des pouvoirs publics sur cette agence de notation, maintenant que celle-ci va voir le jour?

 

 Les questions concernant la mise en place matérielle de cette agence de notation européenne ont plutôt été écartées pendant le débat, puisque vous vouliez vous consacrer au principe même de la proposition. Aujourd’hui, avez-vous une solution quant au financement, aux acteurs ainsi qu’au fonctionnement de celle-ci?

 

 Enfin, comment préservez-vous l’ensemble des débats ayant eu lieu au sein du Conseil de l’Union Européenne? Les propositions adoptées vous conviennent-elles, et auront-elles selon vous un réel impact sur la politique des Etats membres?

Irlande :

Tout d’abord, nous souhaitons saluer les Etats pour l’indépendance intellectuelle et l’impartialité dont ils ont su faire preuve tout au long des débats, refusant de se laisser guider dans leurs choix par les revendications belliqueuses d’autres Etats, contraires à l’esprit pacifique des débats. Sang-froid, rationalité et cohérence ont en effet été les maîtres mots et dans un autre contexte économique, la solidarité aurait pu aussi faire davantage partie des débats ; cependant, malgré un début difficile, nous nous félicitons de la victoire de ce principe. Tel en a en effet été le cas de l’adoption de la résolution portée par la Hongrie et la Roumanie visant d’une part à la mise en place d’une nouvelle stratégie pour aider en priorité les pays subissant des plans d’austérité lors de crises, et d’autre part à l’extension du mécanisme européen de stabilité à l’ensemble des pays de l’Union Européenne. L’Irlande étant gravement touchée par la crise bancaire en 2008 avec un niveau de dette publique qui devrait atteindre le niveau record de 117% du PIB en 2013, nous avons eu la chance de bénéficier d’une aide conjointe du FMI, de l’UE et de la BCE d’un montant de 85 milliards d’euros. Ainsi, dans l’intérêt d’un redressement et d’une stabilisation générale à long terme – personnel mais aussi général à l’UE, toutes les initiatives de solidarités sont sans aucun doute le moyen de dépasser la crise que subissent tous les pays européens.

Irlande 

: En effet, nous nous sommes consacrés en priorité au principe même d’une agence européenne. Cependant, cette résolution n’a pas délaissé le côté pratique puisqu’un certain nombre de dispositions ont été prévues pour lui donner une existence matérielle ; à cet effet, et c’est l’élément novateur, le financement doit être assuré directement par les investisseurs et non plus par l’émetteur. Par cette résolution, le jeu des acteurs est substantiellement modifié ; en effet, cette agence ne met plus en relation émetteur-agence, mais investisseur-agence. Ainsi, le système émetteur-payeur tant décrié est aboli, et par la même occasion tout risque de conflit d’intérêt ! Ajoutons enfin que cette agence utiliserait les critères de notations précis, mis à la connaissance du public ; ainsi, transparence et objectivité s’associent dans une nouvelle structure au service de l’intérêt général.

Irlande :

Tout d’abord, précisons un point ; aucun Etat n’a intérêt à influencer cette agence. Autrement dit, tous ont intérêt à la vérité. En effet, rappelons que la crise des subprimes est en partie due à une mauvaise évaluation :80% des produits financiers titrisés liés aux subprimes étaient, avant la crise, notés AAA, soit la meilleure note, alors que toutes ne le valaient pas véritablement. De même, les principales agences de notation évaluaient la dette d’Enron au niveau investment grade quatre jours encore avant son dépôt de bilan. Or, sans ces notes favorables, ces instruments financiers n'auraient sans doute pas connu un tel succès et les investisseurs n'auraient tout simplement pas acheté ces titres, ou ils auraient analysé les risques de plus près ; les investisseurs n’ont donc pas pu être alertés à temps des effets dévastateurs des subprimes. Pour éviter de subir une nouvelle crise, il importe aux Etats de laisser cette agence effectuer un travail objectif en conformité avec la réalité du marché. Ainsi, naturellement, aucune influence des pouvoirs publics sur cette agence n’est envisageable. De plus, comme toute agence de notation en Europe, celle-ci sera bien évidement soumise au contrôle de l’autorité européenne de supervision des marchés financiers (AEMF-ESMA).
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