Ce sité a été créé en vue de faire une simulation du Conseil de l'Union Européenne pour le cours de politiques publiques internationales du semestre 4 de la licence "Science politique - Droit" de l'université Jean Moulin Lyon 3.
El Pais
Hongrie et Roumanie : Créatrices du remède contre les plans d’austérité
Ce mercredi 18 Avril se tiendra une séance du conseil de l’Union Européenne assez particulière. En effet, de nombreux pays se partageront le temps de parole sur des sujets tout aussi variés qu’importants, tel que la BCE, le FMI, les agences de notation ou encore l’aide publique au développement.
En ligne de mire de la Roumanie et de la Hongrie : le Fonds Monétaire International. C’est, avec une grande justesse que les deux pays relèvent les effets néfastes des plans d’austérité imposés par le FMI en contrepartie de prêts. Gel des salaires, suppression de postes, hausse des taxes, augmentation de l’âge de la retraite sont, en effet, au rendez-vous dans de nombreux pays ayant accepté « l’aide » du FMI.
Les deux alliés orientaux proposent donc de lutter contre le sort réservé aux populations des pays bénéficiaires du FMI, en contrebalançant les plans d’austérité par une aide financière venue d’ailleurs. Cette aide proviendrait d’un Fonds Social Européen aidant financièrement les pays affaiblis par les plans d’austérité dictés par le FMI. Cette proposition voulant faire un réel bond en avant, en matière de politique sociale européenne, aurait le mérite de lutter, tant bien que mal, contre les maux dont souffrent de plus en plus d’européens. En effet, une aide financière allouée à des Etats étouffés par des restrictions de tout ordre, serait la bienvenue pour les populations des pays en crise.
Quant aux Etats épargnés par d’immenses prêts au FMI, et non soumis à des plans d’austérité, ils verraient l’aide du Fonds Social Européen diminuée à leur égard.
Si certains parleront de justice sociale, d’autres risquent d’y voir la perte pure et simple d’une aide financière, au motif de la bonne santé économique leur pays.
Les deux pays réformateurs ayant clairement cerné le problème que posent les prêts du Fonds Monétaire International, ont donc décidé d’agir pour essayer de sauver les blessures des populations soumises aux plans d’austérité.
Mais, une action en amont n’aurait-elle pas pu être envisagée? En abandonnant l’idée fataliste des plans d’austérité à répétition suite aux prêts du FMI, une réforme pourrait venir de plus haut, et couper le problème à sa racine. En effet, si la Roumanie et la Hongrie se préoccupent, à très juste titre, des conséquences engendrées sur les populations des Etats emprunteurs, elles n’envisagent cependant pas une résolution du problème à la base par une suppression ou une modification des plans d’austérité.
D’autre part, les deux pays au grand cœur, veulent également faire adopter à leurs Etats partenaires au Conseil, une réforme visant à étendre le Mécanisme Européen de Stabilité à l’ensemble des pays de l’Union Européenne, indépendamment de leur appartenance à la zone euro.
Ceci permettrait alors une augmentation de la capacité de prêts au sein de l’Union Européenne, mais aussi un élargissement des acteurs des décisions de ce Mécanisme Européen de Stabilité. En effet, ce dernier est actuellement contrôlé, en majorité par la France, l’Allemagne et l’Italie disposant de la plus grande part du capital (85%). Un élargissement de ce Mécanisme permettrait alors un financement plus important et décidé par un nombre de pays plus élevé. Meilleure répartition des aides financières, augmentation de la capacité de financement de l’Union Européenne et prise de décision partagée entre plusieurs Etats ? Ou bien augmentation du nombre de pays à financer, et perte d’un pouvoir de décision privilégié de certains Etats? Le débat de mercredi s’annonce brûlant; et nous tient déjà en haleine quant à son issue.
Mathilde Gallon