Ce sité a été créé en vue de faire une simulation du Conseil de l'Union Européenne pour le cours de politiques publiques internationales du semestre 4 de la licence "Science politique - Droit" de l'université Jean Moulin Lyon 3.
Critique du journal Marianne
Autriche/République tchèque : vers une coopération européenne forcée
Demain aura enfin lieu la commission européenne sur les politiques publiques, lors de laquelle deux acteurs principaux, l’Autriche et la République tchèque, devront discuter de leur coopération régionale en matière de santé. A première vue, afin d’optimiser l’alliance tchéco-autrichienne, on s’attend à une aide provenant de l’Autriche qui sera progressivement intégrée en République tchèque, où le secteur public de la santé est en crise. C’est en effet la spécificité d’une politique publique, comme l’ont très bien définie les pays dans leur exposé : ‘’des transferts de fonds et de compétences entre pays développés et pays moins développés’’. Pourtant, le terme coopération va dans les deux sens et les deux pays sont censés s’entraider mutuellement. Dès lors se pose une question qui n’a pas été soulevée : en soutenant un pays dont le système public est ébranlé, comment l’Autriche peut-elle espérer en retour une aide de ce pays alors qu’elle devra en être l’assistante ?
L’Autriche, un pays missionné malgré lui pour secourir la République tchèque
En se tenant à la simple lecture de l’article, on comprend bien que la seule motivation en réalité qui a engendré la création de cette ‘’coopération tchéco-autrichienne’’, c’est la République tchèque : l’exposé nous dresse en effet un tableau dramatique de la situation sanitaire du pays : alcool chez les jeunes, augmentation du nombre de séropositifs, système en crise… mais qui devrait disparaitre grâce à la collaboration de l’Autriche. L’exposé légitime donc l’intervention de l’Autriche en matière de coopération sanitaire sans finalement en expliquer les fondements réels. Si l’Autriche tient le rôle du ‘’bras droit’’ en quelque sorte de la République tchèque, c’est notamment du fait de sa position en Europe et de sa situation économique actuelle. Située en plein cœur de l’Europe, encerclée, presque ‘’piégée’’ par les pays d’Europe centrale et orientale, la République danubienne a toujours eu un rôle tenant à intégrer ces pays dans l’Union Européenne, jouant le rôle d’intermédiaire entre ces pays et les pays européens occidentaux, ayant pour mission de rapprocher les deux Europe. L’Autriche porte donc une tâche historique, se devant d’apporter assistance et soutien à ses pays voisins qui sont dans le besoin. Ce dont l’article ne parle pas cependant, c’est qu’elle se comporte d’une manière ambigüe avec ces pays et notamment la République tchèque, et il est donc difficile de croire qu’elle pourrait se rallier à ce pays avec autant d’aisance : les autrichiens sont majoritairement hostiles à toute entraide avec leurs pays voisins, privilégiant leur politique interne en priorité. Le gouvernement autrichien, aux accents parfois nationalistes, tient souvent un discours alarmiste sur les conséquences des politiques publiques européennes et se montre souvent réticent face à la mise en commun d’un fond public. Pour poursuivre dans cette optique, le peuple autrichien présente un attachement régionaliste profond, une sorte de malaise identitaire qui l’empêcherait finalement de’’ s’européaniser ‘’et de se tourner vers une véritable coopération avec les autres pays. Ainsi, cet élément est à prendre en compte et expliquerait finalement les tensions qu’il y eut et qui persisteront peut-être lors de la commission entre ces deux pays.
Une diversité des systèmes de santé publique au sein de l’Europe
La première grande résolution de nos deux pays est très adroite : en mettant en place un budget ‘’santé aide et prévoyance’’, une entraide sur le plan sanitaire pourrait être créée sur le long terme entre tous les pays de l’Union européenne, qu’ils soient en voie de développement ou plus ou moins avancés. C’est du moins ce qu’on aimerait voir naitre, mais ce rêve européen est vite freiné par un constat réaliste qui prend compte de la situation actuelle. En temps de crise, comment pourrait-on mettre en place un budget santé destiné en majorité à de la prévention alors que la plupart des pays traversent une crise économique ? A quel prix s’élèveront les taxes ? En outre, certains pays dont le système de santé public est en crise privilégieront leur propre réforme interne au détriment d’une coopération européenne. C’est le cas de nombreux pays, comme par exemple l’Autriche: alors que l’exposé nous dresse un tableau idyllique de son système de santé publique, celui-ci doit faire face contradictoirement à des problèmes financiers et de gros déficits. Le système autrichien ne doit donc pas être surestimé : bien qu’il soit en effet un des meilleurs de l’Union européenne, il présente néanmoins des failles : les centres hospitaliers ont besoin de beaucoup d’argent pour financer leur matériel ce qui provoque l’endettement, le recours à l’hospitalisation est excessif…
Enfin, l’alliance tchéco-autrichienne voudrait instaurer un système de santé public européen, commun pour tous, mais ce projet d’européanisation est rapidement freiné par la diversité des systèmes publics de chaque pays. En remettant sur le tapis l’existence de pays développés et d’autres moins avancés, certains verront cela comme une chance d‘obtenir de l’aide, tandis que les pays fonctionnant relativement bien y verront une menace pour leur système. L’hétérogénéité des besoins dans chaque pays également, la diversité des attentes de chaque population font obstacle à un projet entièrement commun sur la santé. Au moment où la République tchèque doit faire face à un fort taux d’alcoolisme chez les jeunes, l’Allemagne et l’Autriche quant à elles doivent faire face au vieillissement de leur population, le Royaume-Uni à l’obésité…. Autant de disparités qui rendront la tâche difficile pour trouver un projet de prévention commun.
(Elise)