Ce sité a été créé en vue de faire une simulation du Conseil de l'Union Européenne pour le cours de politiques publiques internationales du semestre 4 de la licence "Science politique - Droit" de l'université Jean Moulin Lyon 3.
Critique du journal Marianne
Aux coupables de payer !
Austérité prolongée, creusement de la dette publique, effondrement financier… tant de termes qui depuis 2007, résonnent aux oreilles de nos Etats, fragilisés et au bord du gouffre après avoir tenté tant bien que mal de sauver leurs marchés financiers. Rappelons le, les deux pays qui président le destin de la zone euro depuis ces cinq dernières années sont bien sûr la France et l’Allemagne, le couple ‘’Merkozy’’ qui impose une course à la rigueur dans toute l’Europe, bricolant des solutions limitées, parfois bancales, ordonnant à la BCE de fournir aux banques des milliards d’euros dans l’espoir qu’elles iraient ensuite acheter des emprunts d’Etat… Bref, un processus de réformes austères qui a montré son inefficacité mais a surtout creusé des asymétries au sein de la zone : l’absence de mécanismes d’ajustement entre les pays et les disfonctionnements politiques de la zone euro ont créé un fossé entre les pays du Nord (Autriche, Allemagne, Pays-Bas…) qui ont plutôt limité les salaires et les dépenses sociales, et les pays du Sud (Grèce, Portugal…) qui eux se sont basés sur une politique de rattrapage fondée sur le gonflement du crédit. C’est sûrement face à cette asymétrie profonde que le duo franco-allemand s’est enfin décidé à stopper sa politique individualiste avant qu’il ne soit trop tard. Sa solution secours ? Faire payer les vrais coupables ! Selon la proposition de nos deux pays, les banques payeraient enfin les frais de la dette : elles seraient taxées proportionnellement à leurs prises de risques sur les marchés financiers, ce qui les dissuaderait de placer des actifs trop risqués sur les marchés. Cette taxe serait au choix : soit redistribuée aux Etats, ou bien transférée dans le fond européen de stabilité financière. Il serait judicieux pourtant de concilier les deux alternatives, dans la mesure où une partie de la taxe serait reversée aux Etats qui en présentent vraiment le besoin, et l’autre serait mis de côté dans un but préventif.
La France et l’Allemagne auraient donc pris conscience de la nécessité d’imposer aux banques une sanction. Pourtant, c’est une véritable surprise de la part de la France ! Alors que dans plusieurs pays de l’Europe comme la Grande-Bretagne les banquiers sont déjà sous surveillance, les banquiers français quant à eux se la coulent douce. Leur proximité avec le pouvoir leur permet d’éviter toutes sanctions, et l’influence des patrons des grands groupes bancaires n’a jamais été aussi grande que sous Nicolas Sarkozy. On espère alors que si le projet passe, il permettra d’abord de s’appliquer à la France.
Elise