Ce sité a été créé en vue de faire une simulation du Conseil de l'Union Européenne pour le cours de politiques publiques internationales du semestre 4 de la licence "Science politique - Droit" de l'université Jean Moulin Lyon 3.
Der SPIEGEL
La Finlande et la Suède mènent la chasse à la fraude et à la corruption
Le Conseil de l’Union européenne traitera mercredi d’un sujet particulier : l’Aide publique au développement, qui suscite de vives réactions en raison du détournement des fonds et dont l’efficacité est difficile à évaluer. Deux pays nordiques, la Finlande et la Suède, vont alors s’intéresser de plus près au sujet et proposer des résolutions qui pourront au mieux pallier les difficultés de ce soutien financier et blâmer les comportements frauduleux qui freinent son action.
Comme nos deux pays l’ont bien expliqué, l’Aide Publique au développement a un but humanitaire puisqu’il s’agit de réduire la pauvreté et de soutenir le développement durable dans les pays en difficulté. Les pays de l’Union européenne, et notamment les pays les plus avancés, ont donc pour mission de réaliser les objectifs fixés par l’ONU en versant des aides financières prévues au budget de l’Union européenne ou par le Fonds européen de développement. En Allemagne nous, on connait ça ! Si on mesure l’APD en chiffres absolus, l’Allemagne est en effet le deuxième donateur le plus important de l’Union européenne, derrière la France. En s’interrogeant plus précisément aux motivations réelles de cette mission, on se demande finalement si elle n’est pas un bon moyen pour nos grandes puissances de montrer une bonne image d’eux-mêmes, une image altruiste alors que cette aide leur est tout à fait profitable. Sous couvert de générosité, l’Union Européenne a privé les pays en voie de développement de toute autonomie en leur déversant des produits européens relativement peu chers par rapport aux prix des produits locaux. Soumis à cette dépendance économique, les pays en difficulté se voient finalement piégés et leur économie locale est freinée. Finalement, la situation est retournée : au lieu d’avancer dans leur développement, ces pays, entravés, sont maintenus dans leurs conditions initiales ou se dirigent même parfois vers un chemin destructeur. Comment faire alors pour s’échapper de cette situation et libérer les pays de cercle vicieux ? La Finlande et la Suède ont trouvé une solution judicieuse : supprimer le régime des restitutions en réformant la PAC, ce qui permettrait de stopper les bénéfices dont profitaient les européens et de redonner enfin le vrai sens que l’APD devrait porter : celui de la solidarité. Nos deux pays proposent également de relancer les projets de politique agricole commune dans les groupements régionaux africains et de créer plus de partenariats. En somme, et comme ils le soulignent très bien, l’urgence est de stopper la concurrence des produits agricoles occidentaux avec les produits locaux, et d’affranchir enfin les pays en développement de cette dépendance, notamment en Afrique, en intervenant sur le milieu rural et agricole. Cependant, et c’est sur cette question fragile que nos deux pays ne s’intéressent pas, quelles vont être les conséquences pour les pays européens si les subventions aux agriculteurs se voient supprimées ? Peut-être trop idéaliste, cette réforme lourde de conséquences aura du mal à être mise en place et une suppression par étapes du régime des restitutions serait plus judicieuse.
Par ailleurs, d’autres comportements mesquins de la part de l’Union européenne n’ont pas été cités et mériteraient également d’être combattus. La mise en place de projets infructueux notamment, comme la création au Maghreb d’usines textiles dans des zones où il n’y avait pas d’eau pour faire fonctionner les machines, la vente à bas prix de produits totalement inutiles et inadaptés comme des chasse-neige aux pays africains… ! Autant de projets irréfléchis qui n’apportent rien aux pays en difficulté et qui ne font parfois qu’aggraver les problèmes.
Mais la Finlande et la Suède ont axé une de leur résolution sur un problème majeur : la lutte contre la corruption, mise en place par un programme concret, mais qui va toutefois être difficile à réaliser du fait de la surveillance des gouvernements extérieurs. Les Etats devront tous y mettre du leur pour réaliser une surveillance irréprochable dans les pays receveurs et une vérification minutieuse des comptes publics.
Elise